23mars2017

Cholera Platform

Against cholera

Tchad / Niger - Rapport d'évaluation WASH et Cholera dans les aires de zones de santé les plus affectées

RAPPORT D'EVALUATION WASH ET CHOLERA
Stratégie Bouclier dans les aires de santé les plus affectées des régions sanitaires de Tillaberi, Tahoua et Maradi au Niger et Ladjer Lamis et N’djamena au Tchad

Résumé :

Depuis plusieurs années UNICEF participe activement à la lutte contre le choléra. La stratégie repose sur des actions de riposte durant les épidémies appelées « coup de poing », des actions de prévention en dehors des périodes d’épidémies appelées « bouclier », et des études pour améliorer la compréhension des épidémies.

Le Niger et le Tchad font partie de l’entité épidémiologique du « bassin du lac Tchad » au même titre que le Nigéria et le Cameroun. Le Niger a été frappé par 4 épidémies de choléra successives en 2011, 2012, 2013 et 2014. Le Tchad a été frappé par plusieurs épidémies de choléra notamment en 2010 et 2011 ainsi qu’en 2014 même si ce dernier épisode n’a pas été officiellement confirmé. Le rapport de mission présenté ici rentre dans le cadre de l’élaboration de propositions d’actions « boucliers » visant à limiter le retour des épidémies.

Pour ce faire, un travail préalable de ciblage des aires de santé (AS, ou zone de responsabilité ZR pour le Tchad) les plus affectées a été réalisé (voir chapitre suivant). Il a permis d’identifier les AS-ZR prioritaires et 33 communautés « hotspots » ont été visités durant la mission par des équipes multisectorielles propres à chaque pays et composées de représentants des Ministères de la Santé, des Ministères de l’Hydraulique et d’UNICEF.


A chaque fois, la capacité à faire face au choléra par le Centre de Santé(CS) et les conditions d’accès à l’Eau, à l’Assainissement et à l’Hygiène (EAH) des communautés les plus affectées, ont été évaluées. Tenant compte des observations faites, il apparait indispensable de:

 

  • Au Niger : Mener des actions de prévention choléra dans les sites stratégiques que sont les marchés internationaux et les grands sites d’orpaillage. Plusieurs sites sont des carrefours socio-économiques importants comme les marchés d’Ayorou et de Toufafi ou le site d’orpaillage de M’Bangua. Ils jouent probablement un grand rôle dans la propagation du choléra. Ces sites doivent : 1) Faire l’objet d’une analyse partagée et de plan d’aménagement et de gestion sanitaire adaptés. 2) Bénéficier d’une amélioration de leurs infrastructures Santé et EAH.
  • Au Tchad : Mener, à N’Djamena, des actions de prévention choléra dans les sites stratégiques que sont les marchés comme celui de Diguel. A N’Djamena, l’analyse des dernières épidémies ne permet pas de cibler des sites précis ayant concentré les cas de choléra. Les cas étaient diffus à travers toute la ville où les besoins en aménagement EAH et urbains sont généralisés. Pour intervenir face au choléra, il semble plus pertinent à court et moyen terme de cibler les marchés qui sont des carrefours socio-économiques importants et qui jouent probablement un grand rôle dans la propagation du choléra.
  • Au Niger et au Tchad : Améliorer les conditions EAH des communautés situées dans les hotspots du choléra. Au Niger, malgré le fait que, lors de ces dernières années, des projets EAH aient convergé vers des sites hotspots, plusieurs localités vont demeurer dans une situation insatisfaisante pour l’EAH. Elles doivent bénéficier de réalisations complémentaires de diverses natures avec notamment l’amélioration des capacités de production en eau (renforcement des systèmes de pompage de plusieurs réseaux, installation de station de traitement de l’eau du fleuve) et le renforcement de la couverture en latrines familiales. Au Tchad, dans l’Hadjer Lamis, bien que l’accès à l’eau soit en moyenne assez bon dans les hotspots, certains bourgs centres, comme à Karal et Sidje, connaissent des situations insatisfaisantes et nécessitent des réalisations supplémentaires. De même, au Niger, plusieurs villages doivent être accompagnés pour améliorer leur couverture en latrines familiales.
  • Au Niger et au Tchad : Renforcer la capacité des CSI pour détecter et Prendre En Charge (PEC) les premiers cas de choléra. Par : 1) La formation, car de nombreux hotspots sont gérés par des équipes sans expérience. 2) La mise à disposition de kits choléra (Santé-WASH) car quasiment aucun hotspot ne dispose des matériels et produits adéquats pour une bonne PEC. 3) L’amélioration des infrastructures pour certains CS n’ayant pas accès à l’eau et/ou à l’électricité. 4) Le renforcement des relais mobilisateurs afin qu’ils puissent détecter les cas de choléra et mener des campagnes de promotion à l’hygiène dans les villages de l’AS-ZR.
  • En parallèle des actions décrites précédemment, il serait intéressant au Niger et au Tchad: 1) De travailler à l’intégration de modules sur « la stratégie de réponses et de prévention du choléra » dans le cursus médical formel (Médecins et infirmiers). Cela nécessite préalablement d’évaluer les contenus du cursus actuel afin de définir avec les personnes en charge les points à améliorer. 2) De poursuivre les premières démarches engagées en matière de collaboration transfrontalières avec les pays de la sous-région. La tenue régulière d’ateliers internationaux sur ce sujet doit permettre progressivement d’améliorer l’harmonisation des données et le partage d’informations. 3) De s’impliquer, en particulier à N’Djamena, sur les démarches de marketing social pour le traitement de l’eau à domicile et le développement de filières locales de produits chlorés à usage domestique.

 

 

 

 

 

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