22février2018

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Against cholera

Etude des facteurs de récurrence des épidémies de choléra au Niger (2013)

Auteurs/Organisations : Didier Bompangue, Guy Mutombo, Annie Mutombo

Année : 2013

Pays : NigerMali


Comp et15La présente étude a été réalisée sur la base d’investigations conduites à Niamey et dans la région de Tillaberi, portant sur la période 1991 - 2013. Le choléra est présent au Niger depuis 1970. Depuis, 8 épidémies ont affecté le pays.

L’objectif de l’investigation a été de caractériser les épidémies depuis 1970 et leur évolution. Ceci a permis d’identifier les zones à haut risque, établir une typologie des districts sanitaires en fonction de leur caractéristique, identifier les améliorations à apporter au système de surveillance et riposte, identifier les facteurs pouvant influer sur les épidémies ainsi que formuler des recommandations.

Les données utilisées ont été le nombre de cas et décès de choléra entre 1991 et 2013 (21 727 cas et 1 021 décès), les listes linéaires des districts de Tillaberi et Guigmi en 2010, les données rétrospectives de confirmation biologique, les données issues d’interviews et de rapports contextuels, des données environnementales (pluviométrie, hydrologie du fleuve Niger, etc.).

Un échantillon sur 50 cas suspects a fait l’objet d’une analyse bactériologique entre 2002 et 2012 : 47% étaient positifs. Le serogroupe le plus souvent identifié était de type Ogawa. Cette analyse plaide pour une plus grande attention dans l’application de la définition clinique des cas, pour une amélioration des conditions de prélèvement et de transport des échantillons et pour l’exploration d’autres causes de diarrhées aigües de type cholériforme.

L’analyse des données épidémiologiques a montré que Tillaberi est la région la plus touchée par le choléra. Ceci s’explique par la récurrence de flambées épidémiques et la persistance de cas résiduels depuis 2010. En termes de létalité, c’est à Dosso, Tahoua, Maradi et Zinder que les taux de létalité les plus importants ont été observés. Ceci peut s’expliquer par la faiblesse des structures de prise en charge et de riposte. La dispersion géographique de ces cas de choléra ne permet pas une organisation de mesures préventives efficaces. Il est donc nécessaire de s’appuyer sur un système léger de surveillance à base de sites sentinelles pour développer une stratégie de prévention dynamique. Il apparait que les épidémies commencent souvent en saison sèche et s’amplifie durant la saison des pluies.

L’analyse épidémiologique à l’échelle du pays ne plaide pas en la faveur de la présence d’une source environnementale pérenne de persistance du Vibrio cholerae au Niger. Cette étude a conduit à poser l’hypothèse qu’il existe deux principales portes d’entrées du choléra au Niger que sont l’axe Tillaberi -Tahoua en lien avec le Mali et l’axe Maradi-Zinder-Diffa en lien avec le Nigeria. A priori, seule l’épidémie de 2012 aurait une origine interne, cette hypothèse serait à valider par une confirmation biologique.

This study is based on the investigations led in Niamey and in the Tillaberi region, between 1991-2003. Cholera outbreaks have been affected Niger since 1970, through 8 epidemics.

The objective of the investigation was to characterize the epidemics since 1970 and their dynamic. High risk areas were identified and a typology based on the specificity of the health districts was completed. The investigations highlighted several improvements for the surveillance system and the response, identified the factors which may have influenced the epidemics and helped formulated several recommendations.

Data used were the numbers of cases and deaths between 1991 and 2013 (respectively, in total 21,727 cases and 1,021 deaths), the line lists for Tillaberi and Guigmi districts in 2010, retrospective data of biological confirmations, information gathered from interviews and the context-based reports, environmental data (as rainfall, hydrology of the Niger river, etc.).

Between 2002 and 2012, bacteriological analyses were processed on a sample of 50 suspected cases: out of them, 47% were positive. Ogawa was the most often identified serogroup. This analysis advocates for an increased attention in the use of the clinical case definition and for the improvement in the sampling and in the transport of samples. Besides, the prospection for other causes of acute watery diarrhoeas should be implemented.

The analysis of epidemiological data concluded that Tillabery was the most affected region, probably due to the outbreaks recurrence and the persistence of cases since 2010. The highest case-fatality ratio were notified in Dosso, Tahoua, Maradi and Zinder. It can be explained by the weakness of case management, the health structures and the response provided. The cholera cases distribution does not allow to implement efficient preparedness measures. Hence, it is necessary to rely on a light surveillance system based on sentinel sites to develop a dynamic prevention strategy. It appears also that epidemics mostly start during the dry season and increase during the rainy season.

The epidemiologic analysis across the country is not proving a sustainable environmental source of persistence of the Vibrio Cholerae in Niger. The assumption is that two main entry points exist in Niger: the Tillaberi-Tahoua axis connected to Mali and the Maradi-Zinder-Diffa axis connected to Nigeria. It seems that only the 2012 epidemic would have an internal origin, this assumption could only be confirmed by a biological test.