22février2018

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Guinée

Date de dernière mise à jour : octobre 2017 - en cours de construction - TEST


CARTE

Epidémiologie du choléra dans le pays

Le choléra est apparu pour la première fois en Guinée en 1970. Depuis 1990, des épidémies importantes ont été enregistrées notamment en 1994, 1995, 2007 et 2012.

Entre 2003 et 2016, 25 358 cas et 952 décès ont été enregistrés avec un taux de létalité élevé de 3.8 %.

Les épidémies majeures ont été enregistrées dans les régions côtières à Boké, Kindia et dans la capitale Conakry. Les épidémies côtières sont reliées en général à des cas notifiés dans les préfectures côtières de la Sierra Leone ou de la Guinée Bissau (entre février et juin). Dans un second temps, l’extension de l’épidémie a lieu à Conakry et sa périphérie entre juin et novembre, coïncidant avec la saison des pluies.

De nombreuses études et recherches ont été menées en Guinée pour mieux comprendre les dynamiques épidémiques dans le pays mais aussi transfrontalières. Vous retrouverez toutes ces études dans la rubrique ci-dessous. Les paragraphes suivants présentent un résumé synthétique de la situation en Guinée.

L’analyse combinée des résultats de cartographie dynamique, d’investigations de terrain, d’épidémiologie moléculaire basée sur le génotypage de microsatellites de souches cliniques de V. cholerae recueillies au cours de l’épidémie de 2012 en Guinée, et du séquençage total de l’une d’entre elles, suggère fortement l’origine importée de cette épidémie. Le choléra en 2012 est arrivé de Sierra Leone via les mouvements de pêcheurs et s’est dans un premier temps propagé le long du littoral guinéen au cours de la saison sèche. Profitant des pluies et de conditions d’accès à l’eau et d’assainissement défavorables, l’épidémie a ensuite explosé à Conakry. Son expansion vers l’intérieur a été favorisée par le trafic routier et les marchés hebdomadaires. Cette propagation s’est accompagnée d’une diversification génétique progressive à partir d’un génotype originel, présent dès le début de l’épidémie sur l’île de Kaback. Enfin, cette flambée a été causée par une souche El Tor « atypique »de V. cholerae, que l’on sait avoir émergé récemment en Asie. Cette souche présente des marqueurs génétiques de pathogénicité associés à la survenue de formes plus sévères que celles habituellement rencontrées au cours de la septième pandémie.

Une étude Eau, Hygiène et Assainissement approfondie, menée en 2016, dans les départements côtiers et le long de l’axe routier, a été menée pour caractériser les dynamiques épidémiologiques et ainsi proposer des plans d’actions spécifiques. Voici les observations et analyses faites selon les 2 zones étudiées :

  • Zone littorale : L’analyse épidémiologique a montré que les points d’entrée étaient essentiellement des campements de pêche. Ils sont le siège de mouvement important de population avec notamment l’arrivée saisonnière de pêcheurs de Sierra Leone, Conakry, Ghana, Guinée Bissau, Sénégal… En revanche, les sites de diffusion sont principalement les marchés. De manière générale, les ressources en eau sont diverses et varient selon la saison. L’eau de pluie est une ressource essentielle pendant plus de la moitié de l’année. Moins de 30% de la population a accès à l’eau potable. Les situations les plus problématiques sont rencontrées sur les iles où est collectée l’eau de pluie ou sont construits des puisards. Sur l’ensemble de la zone considérée, les habitants sont obligés de parcourir de grandes distances pour s’approvisionner en eau. L’accès aux latrines est très disparate : quasi inexistant dans les campements insulaires, l’accès est très varié sur le continent (entre 0 et 100%) selon les zones. La gestion collective des ordures est globalement inexistante. La majorité des femmes connait le chlore et l’utilisait lors de l’épidémie d’Ebola.
  • Zone axe routier : L’analyse approfondie EHA menée au niveau des sites de diffusion ainsi que dans les zones directement affectées a montré que l’accès direct à l’eau sur les marchés et gares routières reste inexistant. Les gens s’approvisionnent à l’extérieur au niveau de points d’eau publics ou privés qui présentent de nombreux problèmes de fonctionnement et de qualité. De nombreuses personnes consomment également des sachets d’eau, et pendant plus de la moitié de l’année, la population collecte l’eau de pluie. Concernant l’accès aux latrines, plusieurs marchés ont des latrines privés ou publiques qui sont en mauvais état dans la plupart des cas. Le taux de couverture au niveau des ménages est relativement bon en zone urbaine (>80%) et plus faible en zone rurale (<50%). Dans les marchés, la gestion des ordures est assurée par l’administration du marché via des entreprises ou groupement de ramassage. Le principal problème rencontré est la mise en décharge. A contrario, il n’existe aucune gestion des déchets au niveau des gares routières. Les conditions d’hygiène générale, au niveau des sites de diffusion, sont également dégradées. La majorité des femmes connait le chlore et l’utilisait lors de l’épidémie d’Ebola.

Des recommandations précises avec plans d’actions concrètes chiffrées ont été formulées en fin d’études et sont entièrement accessibles en cliquant sur les liens ci-dessous.

Liens vers les documents utiles

Collaboration transfrontalière :

Enfin pour mettre en lien l’épidémiologie du choléra en Guinée, n’oublions pas que la Guinée est touchée par des épidémies transfrontalières, dans les préfectures côtières de la Sierra Leone ou de la Guinea Bissau (entre février et juin). Retrouvez en cliquant sur les liens pays les pages correspondantes pour continuer.