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Guinée - Etude EHA dans les zones à haut risque choléra en Guinée : Revue et formulation de propositions d’action pour prévenir le choléra le long des axes routiers (2016)

Auteur / Organisation : Paul Cottavoz /UNICEF

Année : 2016

Pays : Guinée


Comp et20

La Guinée a subi 22 épidémies depuis 1970. Ainsi, de par son risque élevé au choléra, elle a fait l’objet d’une étude s’inscrivant dans le cadre d’une série à l’échelle régionale, dont l’objectif était de caractériser les dynamiques épidémiologiques afin de proposer des plans d’actions spécifiques à chacun des pays. La méthodologie appliquée a été à chaque fois d’identifier les localités à haut risque choléra (autrement caractérisé de « hotspots »), ayant un rôle clef dans l’expansion et la propagation des épidémies, caractériser leurs conditions EHA et, en cas d’épidémie, les capacités de prise en charge et proposer des actions spécifiques pour réduire leur vulnérabilité au choléra.

L’analyse épidémiologique a mis en évidence que les épidémies débutent par une dynamique côtière le plus souvent suivant un axe Sud-Nord pour se propager ensuite sur le continent via les grands axes routiers de la Basse Guinée. Deux études distinctes ont donc porté une attention particulière sur ces 2 zones : littoral et axes routiers.

La zone axes routiers, détaillée dans ce rapport, se compose de 6 sous-préfectures dans les régions de Kindia et Boke. L’analyse épidémiologique a montré que les sites de diffusion étaient principalement les marchés et les gares routières. 17 sites ont ainsi été identifiés et 8 d’entre eux définis en priorité 1 à Coyah Centre, Kindia, Maneah, Dubreka Centre et Tanene. Ils sont des lieux d’échanges commerciaux importants notamment avec la zone littorale. Les localités ciblées sont toutes caractérisées par une urbanisation intensive avec, pour conséquence, des services publics insuffisants pour répondre aux besoins de tous.

Une analyse approfondie EHA a été menée au niveau des sites de diffusion ainsi que dans les zones directement affectées. L’accès direct à l’eau sur les marchés et gares routières est inexistant. Les gens s’approvisionnent à l’extérieur au niveau de points d’eau publics ou privés qui présentent de nombreux problèmes de fonctionnement et de qualité. De nombreuses personnes consomment également des sachets d’eau, et pendant plus de la moitié de l’année, la population collecte l’eau de pluie. Concernant l’accès aux latrines, plusieurs marchés ont des latrines privés ou publiques qui sont en mauvais état dans la plupart des cas. Le taux de couverture au niveau des ménages est relativement bon en zone urbaine (>80%) et plus faible en zone rurale (<50%). Dans les marchés, la gestion des ordures est assurée par l’administration du marché via des entreprises ou groupement de ramassage. Le principal problème rencontré est la mise en décharge. A contrario, il n’existe aucune gestion des déchets au niveau des gares routières. Les conditions d’hygiène générale, au niveau des sites de diffusion, sont également dégradées. La majorité des femmes connait le chlore et l’utilisait lors de l’épidémie d’Ebola.

Dans ce document se trouve la proposition d’un cadre logique et d’un plan d’action, permettant de réduire les risques liés au choléra en Guinée, dans les zones « axes routiers ». Défini à l’échelle des sous-préfectures, les propositions s’attachent à améliorer l’accès à l’eau potable, aux latrines et à un assainissement amélioré, et assurer l’accès à des campagnes de promotion de l’hygiène. La mise en œuvre de ce projet sur 3 ans est estimé à 1 776 950 euros. 

Guinea has faced 22 epidemics since 1970. Thus, due to its high risk for cholera, Guinea was included in a regional approach aiming at studying the epidemiological dynamic, so as to propose coherent action plans for each context to sustainably prevent cholera epidemics. The methodology applied was: i) to identify the key localities linked to the spread of cholera, ii) to establish their WASH context and the health facilities capacity to deal with an alleged future outbreak. Then, based on the results, the study allowed to propose specific activities to reduce the cholera vulnerability.

The epidemiological analysis highlighted the fact that epidemics always had a coastal dynamic at the beginning, in most cases along a South-North axis, and later spread to the continent through the main roads in lower Guinea. One study was conducted both on the coastal area and along the road axes and resulted in the elaboration of 2 reports.

The area alongside the road axes, detailed in this report, is divided into 6 sub prefectures in the Kinkia and Boke regions. The epidemiologic analysis showed that the diffusion sites were mainly markets and bus stations. 17 sites were identified and among them, 8 were in high priority level: Coyah Centre, Kindia, Maneah, Dubreka Centre and Tanene. They are important trade places, highly connected with the coastal area. The targeted places are prone to intensive urbanization leading to insufficient public services available to respond to local needs.

A thorough WASH analysis was led in the diffusion points and in areas which were directly hit by the outbreaks. In the markets and the bus stations, there are no access to safe water. People are fetching water in the surroundings, from public or private water points, leading to functioning and quality issues. A lot of people are also buying sachets of water and during most of the year, people are harvesting rainwater. Several markets have private or public latrines in bad conditions mostly. At the household level, the latrine coverage is quite good in the urban area (over 80%) and poorer in the rural areas (less than 50%). In the markets, waste management is the responsibility of the market administration through private company or a group in charge of the waste removal. The main problem faced is on how to dispose it afterwards. There is no waste management in the bus stations. Hygiene conditions in general are deteriorated. Most women know chlorine and were using it during the Ebola outbreak.

In this document, a logical framework and an action plan are elaborated in order to reduce the risk linked to cholera in Guinea, alongside the road axes. Designed to fit the sub-prefectures level, the propositions aim at improving access to water, safe latrines and improved sanitation, and at increasing hygiene promotion campaign. The project is designed for a 3-year implementation period and the related costs are estimated at 1,776,950 euros.

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